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Symposium 7

 

Pratique/activité : à quoi peut-on prétendre accéder ? Enjeux pour la recherche et la formation

 

Coordonnateurs :

Rémi BONASIO (Maître de conférences, EFTS, Université de Toulouse - Jean Jaurès)

Gwénaël LEFEUVRE (Maître de conférences, EFTS, Université de Toulouse - Jean Jaurès)

Valérie LUSSI BORER (Maître d’enseignement et de recherche, CRAFT, Université de Genève)

 

L’étude des pratiques éducatives a de tous temps pris une place importante au sein des recherches en sciences de l’éducation. Produites par des chercheur.e.s issu.e.s de différentes disciplines contributives des sciences de l’éducation, en collaboration plus ou moins étroites avec les praticien.ne.s, ces recherches ont visé, lors des dernières décennies, à appréhender les pratiques éducatives et/ou leurs effets, toujours plus en profondeur et en détails. Les récents apports des sciences du travail, notamment de l’analyse de l’activité, ont enrichi ces recherches grâce à l’analyse en situation de l’activité individuelle et collective des acteurs (élèves, enseignant.e.s, enseignant.e.s en formation, formateurs(trices), etc.).  C’est là ce qui fonde la pertinence de cette approche, mais c’est sans doute aussi ce qui en constitue ses limites. En effet, ces recherches abordent peu l’étude de l’activité en contexte en relation a) avec les systèmes de prescriptions institutionnelles locales, nationales ou internationales (programmes et curriculum scolaires, cursus et curriculum de formation, directives et orientations politiques, cultures disciplinaires, etc.), b) avec les jeux et enjeux des acteurs sociaux constitués en collectifs (professions, associations professionnelles, syndicats, etc.), c) avec l’émergence, la spécification et la diversification des métiers de l’éducation (enseignant.e, formateur(trice) d’enseignant.e.s, etc.).

Les artefacts conceptuels et méthodologiques mobilisés par les chercheur.e.s peinent ainsi à accéder à ces dimensions des pratiques qui, à  ce jour et faute de mieux, constituent souvent des points aveugles dans les résultats des recherches. Sans prétendre pouvoir accéder à la totalité de l'activité humaine, certains points méritent une mise au travail parce qu'ils constituent de potentiels objets de discussion, voire de controverse, tant sur le plan heuristique que praxéologique. Dans le cadre de ce symposium, nous soumettons à la discussion les points suivants :

- L’analyse des pratiques et de l’activité amènent souvent à privilégier l’étude d’un contexte particulier, à se centrer sur une certaine échelle spatio-temporelle. Or, cette situation est toujours en lien avec d’autres contextes influents (institutionnels, culturels, socio-politiques) qui sont parfois peu pris en compte dans les recherches. De même le choix de l'échelle influence la mise en visibilité /invisibilité de certaines dimensions de la pratique et de l'activité. Comment accéder à d’autres contextes ou échelles que ceux auxquels nous donnent accès l’analyse des situations singulières ?

-  Certaines situations sont difficilement accessibles notamment pour des raisons liées à leur manque de visibilité (par exemple la préparation des tâches d'enseignement, l’évaluation d'une formation, le travail de coordination avec d'autres acteurs, etc.) ou à des problèmes d'ordre éthique, moral voire stratégique (situations potentiellement conflictuelles, situations jugées confidentielles, etc.). Comment accéder à ces situations particulières ?

- La prise en compte du point de vue de l’acteur, de son vécu, de son expérience, rend parfois difficile l’accès à des dimensions non conscientisées, incorporées, transparentes, etc. Comment accéder à ces dimensions difficilement exprimables par les acteurs ?

-  L’analyse des pratiques et de l’activité privilégient certains publics, notamment ceux avec qui l'accès au langage ne semble pas poser de difficulté particulière. De ce fait, d’autres publics, notamment les enfants, sont souvent peu représentés. Comment lever les difficultés d'accès aux pratiques, à l'activité de ces publics ?

Dans le cadre du symposium, il est demandé aux contributeurs(trices) de proposer des communications qui traitent d’une ou de plusieurs des dimensions suivantes :

•    présenter les modalités qu’ils/elles utilisent (théoriquement, méthodologiquement) dans leurs recherches pour accéder à ces points aveugles ;

•    présenter les résultats de leurs recherches qui contribuent à accroître les connaissances sur ces points aveugles ;

•    discuter de l'intérêt et de l'usage de ces résultats pour la formation des acteurs éducatifs.

 

 

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