Les symposiums > 9. Savoirs -Compétences

Symposium 9

 

Savoir(s) et/ou compétence(s) pour enseigner - apprendre : du discours à l’action, quels compromis et compromissions ?

 

Coordonnateurs :

Pablo BUZNIC (Maître de conférences, CIRNEF, Université de Caen Normandie)

Marie-France CARNUS (Professeure des universités, EFTS, Université de Toulouse - Jean Jaurès)

Pascal DUPONT (Maître de conférences, EFTS, Université de Toulouse - Jean Jaurès)

 

Importée du monde du travail puis de la formation professionnelle, la notion de compétence(s) envahit massivement l’école et plus largement les systèmes éducatifs à l’échelle mondiale depuis les années 80. A ce titre, elle apparaît inévitable pour le/la praticien.ne comme pour le/la chercheur.e en sciences de d’éducation. Cette notion polysémique, incertaine et parfois polémique entre en résonnance et parfois en dissonance avec une autre notion également au cœur des apprentissages scolaires celle de savoir(s). Cette notion - incontournable pour les didacticiens, est également plurielle, difficile à définir et à circonscrire.  Ses nombreuses déclinaisons témoignent de statuts épistémologiques et d’enjeux sociaux fort distincts : savoirs scientifiques, savoirs profanes, savoirs professionnels, savoirs disciplinaires, savoirs savants, savoirs théoriques, savoirs d’action, savoir-faire, savoir être, etc.

Ces quelques considérations alimentent l’intérêt d’envisager l’ensemble des rapports que ces deux notions peuvent entretenir.

L’objectif de ce symposium sera donc de mettre en discussion la controverse savoir(s)/compétence(s) en tentant d’apporter des éléments de réponse à la question : Savoir(s) et/ou compétence(s) pour enseigner - apprendre : du discours à l’action, quels compromis et compromissions ?

En adoptant une perspective dialectique, au moins trois orientations peuvent permettre de nourrir la controverse :

1.   Dans le discours, les notions s’opposent. Quelles compromissions dans les pratiques ?

2.   Dans le discours, les notions se complètent. Quels compromis dans les pratiques ?

3.   Les rapports entre savoir(s) et compétence(s) sont dépendant de la réponse à la question : à quoi sert l’école ?

1.   Les deux notions seraient à considérer comme antagonistes opposant la transmission des savoirs scolaires en dehors de contextes d’utilisation à la construction de compétences à travers des expériences individuelles et collectives. Par ailleurs, les activités à elles seules n’aidant pas forcément les apprenant.e.s à donner du sens à ce qu’ils font, les savoirs seraient un outil d’appréhension du monde. Ainsi, si la compétence renvoie à la possibilité d’une efficacité immédiate, utilitariste, et à des savoirs instrumentaux liés à l’esprit néolibéral individualiste ; le savoir au contraire, au prix d’une rupture avec l’immédiateté, donnerait les ressources nécessaires à la compréhension de l’activité.

2.   Les deux notions seraient à considérer comme complémentaires dans la mesure où la compétence comprendrait des savoirs théoriques et des savoirs agir qui pour devenir opérationnels seraient actualisés dans un contexte singulier, cette actualisation révélant le passage à la compétence. Aussi, si la possession de savoirs n’est pas suffisante pour réaliser des actions efficaces, la centration sur l’utilité et l’efficacité de l’action peut, quant à elle, conduire à négliger une formation culturelle plus large incluant le rapport à toutes sortes de savoirs.

3.   La controverse peut être posée de façon encore plus radicale relativement à la construction des curricula et au rôle de l’école. Chevallard (1997) propose le terme de «question vive» pour rappeler que tout savoir enseigné n’est pas fermé sur lui-même, sous peine de devenir un savoir «moribond», mais a pour raison d’être de répondre à une question. Ce qui importe pour refonder les curricula, c’est donc le fait «de dégager les questions vives que l’homme non spécialisé - de six ans, de seize ans, etc. - porte en lui». C’est donc le rôle de l’école qui est ici interrogé. Est-il de préparer les élèves à répondre aux questions qu’on leur pose à l’école ou bien de les préparer à la vie et donc à des questions auxquelles on n’est pas préparé ?

A partir des orientations définies ci-dessus, les contributions s’inscriront dans deux axes : les pratiques éducatives ou les pratiques de formation.

 

 

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